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L'EXCES DE TOUT

C’est un aventurier barbu, au verbe haut, qui ne craint pas l’excès de guerres, l’excès d’alcool, l’excès de femmes, ni même l’excès de morts !

En août 1947 à 48 ans, Ernest Hemingway pèse 116 kilos et affiche 21 de tension ; il aime une jeune fille en même temps que sa femme, il boit des litres et des litres de vin, amène pour rire une prostituée à sa table ; il est nerveux, irritable et angoissé ; il raconte n’importe quoi aux journalistes.

C’est dans ce chaos d’idées et de souffrances physiques qu’il va écrire son plus beau livre,  «  Le vieil homme et la mer », qui lui vaudra le prix Nobel en 1954.

« Le grand Hemingway est mort ! »

Le 23 janvier de la même année, c’est la une des journaux dans le monde entier : L’écrivain survolait l’Ouganda avec sa femme quand leur avion s’est abattu en pleine forêt ; l’épave a été repérée, vide !

Le 25 janvier la B B C annonce que le couple est sorti indemne du crash ainsi que de la jungle infestée de tigres et de crocodiles : Hemingway et son épouse ont été recueillis par la police.

« L’avion d’Hemingway s’écrase en flammes ! » Nous sommes le 26 janvier et le monde n’en revient pas ! Le nouvel avion emprunté par le couple est tombé sur les rives du lac Albert.

« Hemingway et son épouse ont échappé à l’incendie ! »

C’est la une du lendemain ! Le couple va rejoindre Entebbe dans une voiture de la police ougandaise.

Le monde découvre ensuite les photos d’un safari Hemingway : l’homme s’affiche au milieu des rhinocéros qu’il affronte et des lions qu’il traque tandis que sa femme élève un bébé gazelle et tient un journal de bord !

Le 30 juin 1961, Hemingway est à Sun Valley une station de ski qu’il affectionne depuis un premier séjour avant la guerre. C’est une sorte de faux village suisse ou la famille Hemingway occupe un chalet.

Le 1 juillet 1961, un dimanche, l’écrivain marche à pas de loup sur la moquette pour ne pas éveiller Mary, sa femme, qui dort dans la chambre d’à côté. Il sait que des fusils sont enfermés au sous sol. Il sait ou se trouve la clé. Il remonte avec un vieux fusil de chasse et s’arrête dans le vestibule : Il place deux cartouches dans l’arme, installe la crosse sur le sol, pose son front sur les deux canons et appuie sur les deux détentes.

C’était sa troisième mort, mais cette fois ci, Hemingway avait décidé de s’en occuper lui-même !

Michel Bastide

Responsable communication