Accueil / Articles  FOU DE ZELDA

FOU DE ZELDA

FOU DE ZELDA

« Je suis fou de Zelda ! Fou de Zelda ! »

Le pauvre chômeur famélique se répète cette phrase, écrasé par les immenses grattes ciel de New York.

Nous sommes en 1918 ; la belle Zelda fait tourner la tête des hommes : Elle les provoque, les séduit, les prend, les délaisse, les reprend avec la même facilité.

« Un jour Zelda n’aimera que moi, mais pour la séduire, je dois séduire New York ! »

Scott Fitzgerald a deux pouvoirs dans la vie : Celle d’écrire à la chaîne à partir de presque rien, en s’inspirant de sa vie de son enfance et de son adolescence attardée.

Son deuxième pouvoir, qui aura beaucoup d’importance par la suite, est d’avaler plus d’alcool que quiconque : Il mange un jour sur deux mais boit tous les jours ! Les grands journaux refusent ses nouvelles, il boit ! Un éditeur accepte son premier roman, il boit !

Il devient manœuvre pour subsister mais sort enfin de l’enfer en 1920 avec la parution de son premier roman, « L’envers du paradis ». Et alors, Zelda accepte de devenir son épouse ; elle se voit déjà reine de New York.

Scott et Zelda sont beaux, jeunes, turbulents .Les beuveries nocturnes vont se succéder ; Zelda se met à flirter outrageusement avec les amis de son mari ; elle boit plus qu’une fille de bar ; elle adore s’exhiber en pleine rue sur le capot des voitures.

Scott doit gérer, travailler ; il fait paraître « Les heureux et les damnée » ;  « Gatsby le magnifique » sortira en 1925,  « Tendre est la nuit » en 1934. Mais bientôt, la lente descente en enfer va commencer.

C’est lui qui va quitter la scène le premier, les bouteilles d’alcool ayant fini par faire de lui un ivrogne dérisoire. Il meurt en 1940 près d’une nouvelle compagne, avant d’avoir achevé « Le dernier nabab » qu’il s’acharnait à écrire entre deux crises cardiaques. Il a quarante quatre ans.

Entre temps, Zelda a du être internée en hôpital psychiatrique ; elle n’en sortira jamais et mourra dans un torrent de flammes : Sa chambre était fermée à clé quand un incendie s’est déclaré.

Le 11 mars 1948, identifiée avec peine, elle rejoint Scott dans le même tombeau.

La gloire posthume va s’emparer de l’œuvre de Scott Fitzgerald.

Il est « Gatsby le magnifique », il est « Le dernier nabab ».

« Grâce à Zelda j’ai décroché la lune ! »

Cette déclaration aurait pu lui servir d’épitaphe. On pourrait ajouter :

« Une lune qui scintillerait au dessus d’un océan d’alcool orangé »

Voila un tableau représentatif de toute l’histoire de Scott et Zelda Fitzgerald.

Michel Bastide

Responsable « communication »